à propos

démarche

La pratique en arts visuels de Magali Baribeau-Marchand se manifeste principalement par la sculpture, la photographie, l’installation, le dessin et l’action in situ. Dans ses projets, elle emploie différents médiums afin de créer des mises en espace caractérisées par la confrontation de matériaux bruts et délicats et une magnification du fragment, du détail. Elle articule des corpus d’objets (trouvés, bricolés, détournés, issus de processus de collecte) afin d’en activer la charge sensible.

 

Elle s’intéresse à la fragilité des liens sociaux, aux récits et aux réminiscences de la mémoire. Ses recherches entretiennent un lien étroit au territoire et au déplacement, se déployant souvent sur le terrain par le biais de collectes et de rencontres. Dans les lieux qu’elle choisit d’aborder, elle explore la présence au monde et l’idée de l’émerveillement. Ses recherches l’amènent à développer une acuité face aux manifestations de l’infime et du signe poétique, de la présence et de l’absence, de l’apparition et de la disparition. En résultent des installations à l’esthétique minimaliste mais dense, qui témoignent d’une géopoétique* traversée par ses propres intuitions.

 

Magali Baribeau-Marchand expérimente un rapport au temps décalé qui prône, à travers la flânerie et la dérive, le geste d’observer et l’importance du don, de la trouvaille et de la surprise dans le tissu social. Entrant dans une relation sensible avec les lieux qu’elle visite lors de séjours de création, en suivant les mouvements internes qui les composent et en tentant de saisir l’humanité qui les habite, elle cherche à mettre en lumière cette poésie dissimulée dans le quotidien ordinaire.

 

*  Selon Kenneth White, fondateur de l’Institut International de Géopoétique, le mouvement de la géopoétique a pour but de renouveler chez l’être humain la perception du monde, de densifier sa présence au monde. Avec le projet géopoétique, il ne s’agit ni d’une « variété » culturelle de plus, ni d’une école littéraire, ni de la poésie considérée comme un art intime. Il s’agit d’un mouvement qui concerne la manière même dont l’homme fonde son existence sur la terre. Il n’est pas question de construire un système, mais d’accomplir, pas à pas, une exploration, une investigation, en se situant, pour ce qui est du point de départ, quelque part entre la poésie, la philosophie, la science. 

WHITE, Kenneth, L’esprit nomade, 1987.